Jacques Bonvin

Dans sa première profession, celle de technicien-dentiste, il oeuvrait sans compter pour fournir à ses patients des sourires parfaits. En faisait-il trop ? Oui diront les mauvaises langues (des fripouilles de jeunes, évidemment) car ses clients ne souriaient pas mais riaient spontanément en le voyant.
Dans la nuit du 23 au 24 février d’une année qui reste à déterminer, il se réveille torturé par une question lancinante : “Serait-il capable de produire le même effet sur ses congénaires en montant sur une scène ?”. Comme il n’est pas très rapide, c’est près de soixante ans qu’il lui faut (ne vous moquez pas, canailles de jeunes !) pour oser fouler les planches et vérifier ses intuitions. Il constate que l’effet sur son métabolisme est le même qu’avec le sexe : une furieuse envie de recommencer malgré la peur du bide.